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Cosmic Boss [Ep11] - Rencontre avec Diane Fardoun

Cosmic Sisters, c’est un concentré de good vibes pour être la meilleure version de soi-même. Et chaque mercredi, on vous inspire grâce à une sister entrepreneuse qui assure!

portrait femme yeux bruns Diane Fardoun
Photo by Feroz Sahoulamide

Diane Fardoun, réalisatrice


Diane a dansé toute sa vie, pour elle, et professionnellement en compagnie. Artiste, danseuse, réalisatrice, la franco-libanaise a soif de connaissances et de beauté. Elle décide de créer un collectif d’artistes, Screen Skin, afin de réaliser un documentaire qui interroge la symbolique de la danse.


Avec ses associés, Hugo Bembi, Pierre Durosoy, et Julien Villa, elle réalise le film "L’appel à la danse au Sénégal". Diane s'engage dans une quête philosophique pour comprendre pourquoi on danse où il est essentiel pour elle de concilier les discours de vie et le langage du corps des différents acteurs rencontrés au Sénégal.


As-tu trouvé une réponse à ta quête de symbolique de la danse?


Ma conclusion, c’est que nous nous portons à travers la danse. Pour être danseur, il faut du mental, il faut travailler son corps et trouver son identité, surtout savoir ce qu’on va offrir aux gens. Un danseur porte les piliers de l’identité profonde dans sa danse.


Le métier de réalisatrice, concrètement c’est quoi?


C’est d’avoir un œil à 360°, le réalisateur doit avoir conscience de tout. Durant la création, c’est réfléchir à comment telle scène va pouvoir se monter en soulevant toute la consistance du sujet mais aussi de mettre à l’aise les acteurs du film et de créer un beau terrain d’écoute, de confiance et de respect. Mon travail, c’est aussi de mettre en valeur tous les artistes du collectif et que leur patte soit visible.


Pourquoi le Sénégal?


Mon père est un Libanais du Sénégal, c’est un pays cher à mon cœur. Le Sénégal possède une scène très vivante au niveau de la danse. Puis, c’est un pays très doux et ouvert ; il nous offrait une belle liberté d’entrepreneuriat.

En combien de temps avez-vous réalisé «L’appel à la danse»?


Trois ans, de notre premier tournage en 2015 à sa sortie en 2018. Ça a été très long parce que c’était notre premier film. On a passé deux mois sur le terrain à rencontrer et filmer les différents danseurs du film, puis quand les drones à prix accessibles sont sortis, on y est retourné en 2017. On a essayé de faire un cinéma immersif, donc d’avoir un œil très proche du danseur tout en y apportant de l’air et offrir des belles images du Sénégal.


Tu t’es lancée sans avoir jamais dirigé avant?


J’avais déjà fait des clips et de la direction artistique sur des clips. Ma force, c’est que je maîtrise le sujet de la danse. Donc, j’ai appris en autodidacte et je me suis entourée de partenaires professionnels.




Est-ce que les acteurs du documentaire l’ont vu?


C’était un de nos premiers objectifs car il y a un peu près 70% de documentaires qui ne retournent pas à la source, évidemment beaucoup ne parlent pas d’humains, mais c’est quand même quelque chose de particulier dans le milieu. Grâce au soutien de l’Institut Français du Sénégal, on a pu y retourner en 2019 et partager avec eux le travail fait ensemble. On avait peur de leur retour, et je pense que c’est normal, et en fait ça été extraordinaire. Les danseurs du film mais aussi externes au tournage ont eu l’impression d’avoir été entendus et portés.


Le défi perso que t’a imposé l’aventure?


Mettre les pieds dans le business du cinéma car j’ai eu la folie de vouloir être projetée en salle. J’ai dû être solide dans ce nouveau monde et apprendre comment gérer l’entreprise de la diffusion. Je suis contente d’avoir traversé ça finalement parce que j’ai envie de continuer à être réalisatrice.

Ton prochain film?


Ça sera l’appel de la danse au Liban. C’est important pour moi de créer sur la terre de mes ancêtres et de m’engager à proposer de la beauté dans ce pays qui souffre. La vie et les arts sont plus forts que tout dans la révolution libanaise, les artistes sont debout ensemble pour dénoncer et proposer une autre réalité, apporter leur beauté, leur puissance et leur résilience.


L’art, un vecteur de messages?


Quand on dénonce quelque chose et qu’on y met un écrin de beauté, on attrape plus l’écoute et le cœur des gens. Je pense que dans toutes les cultures du monde, l’art a été une arme de paix.



Ta chanson du moment?


Ouh là là, c’est dur. (Rires) J’adore The keeper de Bonobo – et c’est le remix de Alex Banks.


Des femmes qui t’inspirent?


Frida Kalho, une femme d’esprit qui a l’art du storytelling. Elle a transformé la souffrance en haute beauté. Et en musique, Sevdaliza, une chanteuse, porteuse de philosophie et poétesse extraordinaire.


Ta philosophie de vie?


Le Mektoub, c’est un mot arabe que j’ai réinterprété à ma sauce. En gros, il signifie ce qui est écrit ou à écrire, donc je mène mon petit chemin et de temps en temps j’ai des signes qui me montrent que je suis au bon endroit, au bon moment.


Film disponible en ligne sur les plateformes, Wax Media ou Citerne Live.


Interview par Laetizia Barreto