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Cosmic Boss [Ep4] - Rencontre avec Ariadna Clerc

Cosmic Sisters, c’est un concentré de good vibes pour être la meilleure version de soi-même. Et pour davantage d’inspiration, une fois par semaine, on vous présente une sister entrepreneuse qui assure. Quelle meilleure période que le printemps pour vous parler de femmes inspirantes et épanouies?


Ariadna Clerc, co-fondatrice d’HappyCurls


Ariadna a initié HappyCurls pour encourager sa fille à aimer ses boucles. Happycurls? C’est l'un des premiers e-shop suisse de soins capillaires destinés aux cheveux bouclés. En 2018, elle et son chéri se sont lancés dans l’aventure afin d’encourager les femmes à s’aimer au naturel.


En plus de gérer Happycurls et d’être maman à temps plein, Ariadna est aussi aide-comptable dans une fiduciaire. Notre Cosmic Boss de la semaine a une vraie âme d’entrepreneuse et se passionne pour les changements que la technologie apporte au monde financier.


Peux-tu nous raconter une anecdote des débuts d’HappyCurls?


Lorsqu’on a commencé, on n’avait même pas de site: on a mis une annonce sur Facebook où l’on demandait à des filles aux cheveux bouclés de participer à un shooting photo. Quand on s’est rendu compte que l’on avait répondu à notre appel, on a été très étonné. Grâce à cela, on a rencontré des modèles super jolies et très sympas. Cette expérience a vraiment donné le ton pour la suite, comme quoi si on fait les choses avec le cœur, tout se passe bien.


Si maintenant c’est tendance d’avoir les cheveux bouclés, ça ne l’était pas forcément en 2018. Pourquoi as-tu pensé que ton projet fonctionnerait?


Je suis originaire d’Amérique latine, où les cheveux bouclés sont considérés comme «pelo malo», c’est-à-dire des mauvais cheveux. C’est un réel complexe pour les femmes vénézuéliennes; elles ne sortent pas de la maison sans un brushing parfait. Je me suis dit que ça allait parler aux femmes qui s’obligent à se faire des défrisages pour correspondre à un idéal de beauté. J’avais envie de lutter contre cette injonction du cheveux lisse et de proposer autre chose.


Pourquoi y a-t-il cette image du cheveu lisse plus joli et soigné?


Je ne sais pas si c’est le cas partout, mais en Amérique latine, les peuples sont métissés, et plus tu as les cheveux bouclés, plus tu ressembles à une personne racisée, ce qui est encore mal vu dans nombreux de ces pays. Cette image négative vient du fait que les gens ne veulent surtout pas être descendants d’esclaves, mais préfèrent avoir des traits qui se rapprochent de ceux des colons blancs aux yeux clairs.


Qu’en penses-tu?


À notre époque, il faut arrêter de penser de cette manière. Nos différences sont une richesse et elles nous rendent uniques.


Est-ce que ta fille aime ses cheveux maintenant?


Rires. Ah oui! Elle dit: "je suis une happycurls, je suis rare".




Quelle leçon de vie appliques-tu dans le business?


La discipline, qui est, je pense, la clé de la réussite. Si une idée nous tient à cœur, il faut vraiment s’appliquer consciencieusement tous les jours à travailler dessus jusqu’à ce qu’on arrive à notre but.


Quel a été ton plus gros défi professionnel?


Je pense celui de prendre ma place dans mon dernier job. Je me suis retrouvée devant une équipe d’hommes qui avaient tous l’âge d’être mon père et qui ne m’ont pas forcément accueillie dans un climat bienveillant. Finalement, ça a été une belle expérience, cela m’a appris à avoir confiance en moi et à ne pas remettre en doute mes connaissances.


Quel mantra te répètes-tu tous les jours?


Je suis capable.


Quelle(s) femme(s) t’inspire(nt)?


Sheryl Sandberg, qui est la numéro deux de Google et Facebook. Je l’aime bien parce qu’elle a vraiment l’air d’être authentique et gère quand même deux entreprises qui brassent des millions. J’admire aussi Alicia Keys.

Une chanson qui te donne du courage?


Clairement "Latinoamerica" de Calle 13.


As-tu des futurs projets?


J’aimerais concilier ce qui me fait plaisir, ce qui fait partie de moi et ma vie professionnelle. J’ai envie de trouver un équilibre pour avoir plus de temps pour créer.


Interview par Laetizia Barreto